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Clé du Bonheur

Leçon Numéro Deux

Le jour où Christ est mort

Le texte de cette deuxième leçon est une dramatisation basée sur les faits bibliques et historiques qui entourèrent la crucifixion du Christ. La personnalité, les pensées et certains actes attribués au centurion et à ses soldats sont fictifs, sauf sa déclaration de la fin : « Cet homme était vraiment le Fils de Dieu.» (Marc 15:39 ; Matthieu 27:54)

Mais il était transpercé à cause de mes crimes, écrasé à cause de nos fautes ; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. » (Ésaïe 53 :5)

« Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies. À peine mourrait-on pour un juste ; quelqu’un peut-être aurait le courage de mourir pour un homme qui est bon. Mais en ceci, Dieu prouve son amour envers nous ; lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous. » (Romains 5 :6-8)

Le centurion grommelle quelque chose d’inaudible tout en s’assoyant sur son lit. Il a passé une mauvaise nuit et c’est entièrement la faute d’un homme appelé Jésus.

D’abord, il a dû maintenir ses troupes en état d’alerte à cause de l’excitation que cet homme avait créée dans la ville de Jérusalem. Pour les occupants romains, les Juifs étaient un groupe de trouble-fête, à leurs meilleurs moments, mais quand un agitateur comme ce Jésus vient en ville…Le centurion compléta sa pensée par un mouvement de dégoût…puis, il s’endort d’un sommeil léger et troublé.

Au milieu de la nuit il est réveillé d’un coup par la nouvelle de l’arrestation de cet homme. Cela veut dire que toute la garnison doit être en état d’alerte en cas d’émeute et une plus grande perte de sommeil. « Je ne comprends pas ce que devient l’armée », pense le vieux vétéran, « quand il faut envoyer toute la troupe pour arrêter un homme – un homme sans arme ! »

Dès l’aurore de ce matin-là, un troisième incident se produit. Il vient à peine de se rendormir, quand un grand vacarme se fait entendre venant de la cour de la maison du gouverneur, cette cour se trouve sous sa fenêtre. Mû par un réflexe pratiquement automatique, il se rue vers la fenêtre pour se rendre compte de la situation. Au-dessous un attroupement se pousse contre la porte. Les gens crient et hurlent si fort, qu’il ne peut comprendre tout ce qui se dit. Il peux, cependant, comprendre les mots, « Barabbas » et « Jésus » (Matt. 27 :15-18,20,21,26 ; Marc 15 :6-11 ; Luc 23 :17,18 ; Jean 18 :39) . Et un moment plus tard, il entend les cris : « Crucifie-le, crucifie-le ! » (Matt. 27 :22-25,26 ; Marc 15 :12-15 ; Luc 23 :19-26 ; Jean 19 :6-7) –des cris inhumains qui font passer un frisson le long du corps du vieux soldat. Mais il met de coté ses sentiments et pense seulement : "encore ce Jésus!" en retournant au lit.

À peine a-t-il enfin fermé les yeux, que lui vient l’ordre de prendre en charge trois prisonniers qui doivent être crucifiés. Un d’entre eux est connu sous le nom de Jésus. "Pas encore lui!" grogne l’homme fatigué tout en se dépêchant à s’habiller.

Le centurion a déjà eu affaire avec des fanatiques juifs. Il peut même imaginer comment est cet homme ; probablement de grands yeux, des cheveux raides, une voix rauque et la salive lui dégoulinant sur le menton. "Fi!" se dit le soldat- et la haine qu’il a pour les Juifs en général et pour leurs jours de fêtes trépidantes en particulier, semble se concentrer sur ce personnage qui lui a déjà causé tant de troubles –ce Jésus!

Maintenant habillé, il marche jusqu'à la fenêtre et regarde la ville qui s’éveille. Le soleil, toujours bas à l’horizon, baigne les toits d’une sorte de lueur dorée, et les gens ajoutent une touche colorée alors qu’ils déambulent par les rues de la ville dans leurs habits de fêtes. Le centurion crache, passe la porte et descend l’escalier de pierre.

Il pénètre dans les appartements du gouverneur quelques instants plus tard et le salue selon la coutume. C’est à ce moment que le centurion se retourne pour regarder l’homme qui a tant perturbé sa vie en si peu de jours. Il ne voit pas ce qu’il s’attendait à voir. Au lieu de cela, il découvre un homme digne, un brave homme qui a connu le dur labeur et ses longues heures, un homme avec un bon esprit et un corps fort, un corps qui se tient fier et droit avec grande difficulté. Il y a une espèce de couronne d’épines pressée sur son front (Matt. 27: 27-31 ; Marc 15: 16-20 ; Jean 19:1-3). Il y a sur son corps un vêtement rouge en lambeaux, à certains endroits il y a des taches plus rouges, des taches qui vont s’agrandissant. Il y a de la sueur et du sang sur sa figure et encore une trace des crachats des autres. Mais même là, et c’est un jugement que le centurion fait à son corps défendant, il est d’une race à part. Le soldat se glorifie de pouvoir bien juger les hommes. Qu’importe le point de vue, c’est tout un homme!

À cet instant, il remarque les yeux du prisonnier et les fixent. C’est comme regarder dans son âme même. Presque malgré sa volonté, il se plonge en lui-même. Puis, revenant soudainement à lui, il détache son regard des yeux de Jésus, et se détourne avec empressement pour aller faire les arrangements nécessaires.

« Alors, il le leur livra pour être crucifié. Ils prirent donc Jésus et l’emmenèrent. Jésus, portant sa croix, sortit de la ville vers le lieu appelé : le Crâne, qui se dit en hébreu ; Golgotha. » (Jean 19 :16,17)

On avance lentement dans les rues étroites bondées de monde. Le centurion passe en avant de la petite procession, ouvrant le chemin à travers les gens par des coups et des jurons. Derrière, à une courte distance, viennent les trois hommes qui doivent être crucifiés, chacun portant sa propre croix. (Marc 15 :21 ; Jean 19 :17) De chaque côté, se trouvent les soldats assignés à cette tâche.

En poursuivant son parcours, le centurion pense encore avec colère à son moment de faiblesse dans l’appartement du gouverneur. Quel étrange pouvoir possède cet homme, Jésus ? Et comment avait-il pu succomber même un instant ?

À ce moment, un des Juifs en avait de lui, avance moins vite que les autres, il frappe durement l’homme à la tête avec son bâton. L’homme cligne des yeux et saute de côté. "Me voilà maintenant que passe mon courroux sur les autres", murmure le soldat. "Que se passe-t-il en moi ?

De temps en temps, alors qu’ils continuent à avancer, le centurion regarde vers l’arrière pour voir comment se comportant ses prisonniers. Deux de ceux qui doivent être crucifiés, voleurs et révolutionnaires, se portent bien. Il voit, cependant, que Jésus est pratiquement au stade de l’épuisement complet. Il sait que le prisonniers a été battu ; il devient maintenant évident qu’il a aussi été maltraité d’autres manières (Matt. 27 :27-31 ; Marc 15 :16-20 ; Jean 19 :1-3). Cependant aucune plainte ne sort de ses lèvres, mais à chaque pas, le corps de Jésus tremble. Il fait un effort surhumain et il semble qu’il va perdre conscience à n’importe quel moment. Le sang a commencé à se coaguler sur son front où la couronne d’épines a labouré ses sourcils et la poussière de la rue a changé les taches rouges sur l’arrière de son vêtement en la couleur de la rouille. Même ses yeux hagards commencent à paraître vitreux. "Mais cela ne me regarde pas!" se dit en lui-même le soldat, "Après tout ce n’est qu’un prisonnier !", sans parvenir à s’en convaincre. Pour quelque raison, sa pensée y retourne tout le temps. "Pourquoi quelqu’un n’essuie-t-il pas la sueur de son front ?"

Alors que la poussée de la foule force le cortège à s’arrêter complètement, il note que l’homme fait un gros effort pour se tenir bien droit. Peu après une petite bousculade se produit. Faisant virevolter son cheval, il voit que Jésus a perdu conscience. Le prisonnier est étendu, écrasé sous les poutres pesantes, les épines déchirent de nouveau sa chair. Au-dessus de lui se tient un des soldats que hurle, "Lève-toi, espèce de chien", le pied levé prêt à frapper le corps inerte.

Avant d’avoir le temps d’y penser, le commandant crie, "Arrête!" son esprit est alors confus. Détournant le regard de son subalterne ahuri, il fouille des yeux cette foule curieuse et pointe du doigt un homme robuste dans les premiers rangs. En quelques minutes, la croix se retrouve sur des épaules fraîches (Luc 23 :28-31) et celui qui est tombé, maintenant réanimé, continue à avancer en trébuchant.

Alors que le vieux soldat lutte contre ses pensées, il se retourne et aperçoit le prisonnier parlant à quelques femmes qui pleurent tout en le suivant (Luc 23 :31). Mais le bruit de la ville est trop grand pour qu’il puisse entendre ce qui se dit.

Enfin, ils parviennent à la porte de la ville et le centurion laisse paraître un petit signe de soulagement. Un peu plus haut, à une courte distance, s’élève la colline caillouteuse où seront placées les croix. La marche sera plus facile maintenant. "Au moins jusqu'à ce que nous ayons à accomplir notre tâche". Cette pensée lui a traversé l’esprit et il la rejette immédiatement.

Enfin ils atteignent le Golgotha ou Calvaire – Le lieu du Crâne (Matt. 27 :23 ; Marc 15 :22 ; Luc 23 :33 ; Jean 19 :17).

« Mais il était transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes ; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris, nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie ; et l’Éternel a fait retomber sur lui la faute de nous tous. Il a été maltraite, il s’est humilié et n’a pas ouvert la bouche. » (Esaïe 53:3-7)

« Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé le Crâne, ils le crucifièrent là. » (Luc 23:33)

C’est la tâche du centurion de surveiller la fixation des corps aux croix par le bourreau d’office. Ce n’est pas un travail qu’il aime, mais ce n’est pas non plus un travail qui le dérange particulièrement, c’est-à-dire pas jusqu'à aujourd’hui… Le clouage à la croix des deux voleurs ne se passe pas trop mal. Il s’est endurci aux lamentations et aux cris de douleur. Mais quand les clous commencent à traverser la chair (Jean 20 :25 ; Colossiens 2 :14) de celui appelé Jésus ce n’est plus la même chose.

Car, à part une accélération de sa respiration et sa mâchoire crispée, l’homme ne manifeste aucun signe de souffrance. Quand la croix est élevée, puis descendue dans le sol, c’est alors seulement qu’une faible plainte traverse ses lèvres. Le centurion regarde le sang couler des mains et des pieds percés et il a une envie folle de crier: "Homme, ne comprends-tu pas comment les gens à l’article de la mort doivent se comporter ?"

Mais il ravale ses mots et retourne à son travail. Les vêtements qui avaient été enlevés aux prisonniers sont rassemblés en piles pour être distribués plus tard parmi les soldats qui montant la garde. De petites pierres sont placées autour de la base des croix pour en assurer la stabilité. Les outils du bourreau sont ramassés et remisés dans le coffre. Une dernière tâche reste à accomplir, une tâche étrange, mais qui a bien été spécifiée dans les instructions qu’on lui avait données. Avant que le bourreau ne parte, le commandant doit lui faire sortir son marteau et ses clous pour fixer un écriteau fraîchement peint au haut et au centre de la croix du milieu. Trois lignes en trois langues différentes sont écrites sur l’écriteau, mais le soldat ne peut lire que la deuxième ligne écrite en latin: "Jésus, le roi des Juifs" (Matt. 27 :37 ; Marc 15 :26 ; Jean 19 :19-22).

Pendant que ces dernières tâches sont complétées, le centurion s’abstient volontairement de regarder Jésus. Mais, maintenant, il tourne son regard vers Lui. Il semble que l’acuité de la douleur ait dissipé un peu de nébulosité de l’esprit de cet homme. Comme les deux voleurs, que sont de chaque côté de lui, Jésus lutte désespérément pour respirer, mais à part cela, il n’y a guère de comparaison. Le soi-disant "Roi des Juifs" regarde en bas vers ceux qui sont là : la foule hargneuse, les chefs religieux moqueurs, les hommes apeurés qui se tiennent à la lisière de la foule, les soldats qui en sont à se partager les vêtements tirés au sort dont sa tunique (Matt. 27 :35 ; Marc 15 :24 ; Jean 19 :23,24). On dirait que ce sont eux et non lui qui se meurent. Alors que ses yeux fixent les alentours, ses lèvres bougent et il semble au centurion qu’il dit « Pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Luc 23 :34) "Mais que peut-il vouloir dire ? " se demande le centurion, car il lui semble évident que la plupart de ceux qui entourent la croix savent exactement ce qu’ils font; les prêtres sont radieux dans la victoire; les soldats qui ont gagné examinent leur butin; le foule qui lance des insultes vit une atmosphère de fête (Matt. 27 :39-44 ; Marc 15 :29-32 ; Luc 23 :35-37 ; Jean 18 :20). L’officier est rempli d’étonnement. Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire?

Le temps passe, le premier choc s’estompe, l’agonie de la croix commence à se faire pleinement sentir aux crucifiés. Leur visage est couvert de sang, leur respiration devient de plus en plus difficile, leur peau est devenue moite et froide. Le centurion va chercher la gourde de peau où est contenu le liquide spécialement préparé pour ce moment. C’est une sorte de vin additionné de fiel et de myrrhe (Matt. 27 :34). C’est extrêmement âcre, mais cela peut aider à soulager le soif et, plus important, cela aide à engourdir les sens. Après en avoir mis une bonne portion sur une éponge, il demande à un soldat de la porter à un des voleurs. Tenant l’éponge au bout d’un roseau, le soldat lui passe devant la figure. Les yeux du criminel s’ouvrent immédiatement. Levant sa tête, il suce l’éponge avidement. Le soldat fait un jeu de tenir l’éponge de plus en plus loin des lèvres du voleur afin que celui-ci ait à s’étirer le cou. Cet amusement enfantin s’accompagne des éclats de rire des gardes cruels.

Après un moment, le centurion donne le signal d’aller vers l’autre voleur et le jeu se répète.

Puis, il retrempe l’éponge et pointe vers la croix du centre. "Enfin, ce pauvre homme aura un peu de soulagement", pense le centurion. Il a un mouvement de recul intérieur quand les soldats continuent leurs moqueries à l’endroit de Jésus (Luc 23 :31). "Voici votre coupe royale, Ô Roi", disent-ils alors qu’ils portent l’éponge devant sa face. "Ô Roi, nous savons que vous vous réjouissez de ce trône au-dessus de nous, mais vraiment il serait plus sage d’abandonner cette honorable position et de descendre !" Celui qui tient le bâton a tellement ri qu’il a failli échapper l’éponge. "Finissez-en", grommelle l’officier, et les rires s’arrêtent immédiatement.

Ignorant leur humour noir, Jésus ouvre ses lèvres quand l’éponge lui est présentée pour la première fois; il laisse maintenant le liquide couler dans sa bouche. Mais quand il le goûte, il paraît bouleversé. Tournant la tête de côté, il crache le liquide noirâtre. Il est évident qu’il refuse d’en boire (Matt. 27 :34 ; Marc 15 :23).

"Qu’est-ce que cela signifie?" s’inquiète le centurion. "C’est comme s’il ne voulait pas être soulagé, comme s’il voulait sentir toute l’agonie de sa mort."

Même s’il le voulait, I’officier ne pourrait plus maintenant détourner ses yeux Jésus. Il avait eu sous son commandement bien des hommes dans sa vie, et en a rencontré plusieurs autres, mais il n’a jamais rencontré un homme comme celui-là ! Il avait vu plusieurs hommes affronter la mort, mais jamais un qui faisait face comme celui-là ! Il avait vu des hommes braves et des poltrons, mais jamais il n’avait vu un homme dont la mort semblait être une victoire personnelle !

L’agonie de Jésus devient l’agonie personnelle du centurion. Il surveille lorsque Jésus se soulève sur ses pieds meurtris et couverts de sang afin de pouvoir prendre une respiration. Et, quand la douleur devient trop forte pour ses pieds, il le voit retomber, tout son poids suspendu de nouveau à ses mains brisées. Le centurion prend une profonde respiration et réalise soudainement qu’il a lui-même tendu chacun de ses muscles et qu’il a retenu sa propre respiration. "Qu’est-ce qui m’arrive?" pense-t-il pour la centième fois.

Les heures passent. Il était environ trois heures après le lever du soleil quand commença la crucifixion. Maintenant, le soleil est à son zénith. Bien peu de choses arrivent à réduire le malaise ambiant. Il y a toujours la foule, certains partent, certains arrivent, certains restent. Il y a les mères qui montrent les croix à leurs enfants comme avertissement pour ceux d’entre eux qui pourraient être de mauvais garçons ou de mauvaises filles. Il y a des femmes et des hommes qui pleurent, évidemment ceux qui avaient été ses disciples et qui sont maintenant aveuglés par les larmes.

Jésus a une courte conversation avec un petit groupe au pied de la croix (Jean 19 :25-27). Puis un homme, d’environ le même âge que Jésus, s’en va avec une dame en larmes qui doit avoir dans les quarante ans avancés ou le début de la cinquantaine.

Un peu plus tard, Jésus parle à un des voleurs. Cette conversation aussi fut nécessairement courte car le fait de respirer devient de plus en plus difficile. La voix de Jésus s’affaiblit et à peu près le seul mot que le centurion peut entendre est "Paradis" (Luc 23 :35-43).

Mais en fait, bien peu de choses se passent. C’est comme si Jésus attendait quelque chose, comme si l’acte final d’une tragédie n’avait pas encore été joué. "Mais c’est de la folie", pense l’officier. "Il arrive à sa fin. Il ne peut y avoir qu’une augmentation de la souffrance, une montée de la fièvre et finalement la mort." Néanmoins, il ne parvient pas à s’en convaincre.

Il est maintenant midi. Le soleil a atteint son point culminant. Jésus regarde en l’air comme s’il espérait quelque chose. Le centurion regarde en l’air aussi, mais il n’y a rien, seulement le ciel bleu et le soleil qui brille. Mais à l’instant même, pendant qu’il regarde, une chose étrange se produit ! Même s’il n’y a pas de nuages en vue, le ciel commence à s’obscurcir. Le bleu pâle là-haut tourne à un bleu plus foncé, puis à une nuance encore plus foncée.

À mesure que l’obscurité commence à se remarquer, la clameur s’apaise petit à petit. Au début, les gens serrent leurs vêtements contre eux, s’attendant à un soudain orage. Mais lorsqu’ils réalisent ce qui se passe, l’étonnement se lit sur leurs visages et ils se mettent à se parler en murmurant. Les mères rassemblent leurs enfants et se dépêchent vers la maison avec eux. Les hommes jettent des regards effrayés vers le ciel brouillé en se dirigeant à toute vitesse vers la ville. Même les prêtres soulèvent leurs robes d’ecclésiastiques et vont se mettre à couvert.

En quelques minutes l’endroit est presque désert et un grand calme s’installe sur la colline. Parmi ceux qui restent sur place, il y a le centurion, ses hommes, quelques âmes solides qui s’entassent à l’abri des rochers et… les trois croix avec leurs fardeaux humains. Après cette manifestation miraculeuse, le calme s’installe.

Et l’obscurité s’épaissit encore avec une étonnante rapidité. Bientôt le centurion peut à peine voir sa main devant son visage. Déterminé à être un soldat quoiqu’il arrive, il place ses hommes près des croix et leur dit de garder leurs positions quoiqu’il advienne. Il peut à peine voir Jésus maintenant, mais le dernier aperçu qu’il a eu de l’expression sur son visage lui fait penser. "C’est ce qu’il attendait !"

Puis les ténèbres profondes se referment sur eux (Matt. 27 :45 ; Marc 15 :33 ; Luc 23 :44),

Ce sera la nuit pendant trois heures. Le centurion ne peut pas dire ce qui se passe sur la croix de centre à cause de l’obscurité complète. Mais il est évident qu’il s’y livre une lutte terrible. Les plaintes sourdes et les cris étouffes venant de celui qui est demeuré silencieux sous la torture physique ne peuvent que signifier qu’il se déroule là une agonie pire que le mort elle-même. N’être capable que d’entendre, à cause du voile funéraire, rend la situation pire encore.

Le centurion a livré plusieurs batailles. Il a tué et a été blessé trop souvent pour en compter les fois. Il a vu les horreurs de la guerre et a affronté les plus grands dangers que ce monde puisse offrir. Mais, ce sont là les trois heures les plus terrifiantes qu’il ait jamais vécues.

Une fois, une seule fois, les sons venant de la croix du centre deviennent compréhensibles. Il entend un cri qui, pour quelque raison inexplicable, transperce ses chairs. Des années plus tard, il s’éveillera au milieu de la nuit, couvert de sueurs froides, alors que l’immense solitude de ces mots résonneront encore dans son esprit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné. » (Matt. 27 :46 ; Marc 15 :34 ; Psaumes 22 :2)

Alors qu’il désespère de voir à nouveau, tes ténèbres commencent à se disperser. Le ciel d’un noir d’encre tourne à l’indigo, puis au bleu royal. Graduellement la forme de Jésus peut être vue. Son corps baigné de sueur pend mollement, collé à la poutre verticale et sa tête penche. Le centurion pense d’abord qu’il est mort, mais il note que Jésus respire à peine. À la fin, le condamné relève la tête et dit faiblement, « J’ai soif. » (Jean 19 :30)

Vite, sur l’ordre du centurion, un des soldats court pour tremper une éponge dans du vinaigre (Matt. 27 :48 ; Jean 19 :29) et la porter aux lèvres de Jésus. Jésus se force pour en boire puis hoche la tête.

Jésus regarde la foule de ceux qui sont restés et de ceux qui reviennent. L’officier a de la difficulté à identifier l’émotion qu’il perçoit dans les yeux de l’homme mourant. Mais finalement le soldat se dit, tout surpris : "C’est de l’amour ; il les aime, tous !"

Puis, quelque chose ressemblant à un sourire éclaire le visage de Jésus et il prononce ces deux dernières phrases. La première est vite dite : « Tout est accompli ! » (Jean 19 :30) La deuxième, qui exige de puiser dans des réserves cachées d’énergie, est presque un cri : « Père, je remets mon esprit entre tes mains ! » (Luc 23 :46)

"Mais", pense le centurion, "c’est un cri de victoire?" Un cri de victoire quand il semble que le ciel et la terre l’ont abandonné?

Pendant que Jésus prononce ces paroles, la terre se met soudain à trembler et le soldat est projeté au sol. Alors, que les secousses augmentent en intensité, même les pierres se fendent et de grandes fissures apparaissent dans le sol rocheux. Le centurion ne peut jeter qu’un coup d’œil sur les croix basculées d’avant à l’arrière, avec leurs occupants projetés d’un bord à l’autre. Il y a des lamentations et des cris parmi ceux qui sont frappés par le séisme.

Puis, aussi soudainement que cela avait débuté, le tremblement de terre s’arrête et tout est calme.

Quand le centurion regarde à nouveau, le corps sur la croix se balance encore un peu, la tête dodelinante.

Jésus est mort.

Le centurion regarde longtemps le visage inanimé du condamné, du prisonnier exécuté.

Il regarde autour de lui la foule encore effrayée.

Il regarde les fissures dans le sol et la poussière qui s’abat encore.

Il regarde vers le firmament où le soleil brille de nouveau dans toute sa gloire.

En finalement, il parle. Il y a bien des choses qu’il n’a pas comprises. Il s’est passé des mystères ici qui se situent au-delà de sa compréhension. Mais il y a un fait dont il est certain.

« Le centurion, qui se tenait en face de Jésus, voyant qu’il avait expiré de la sorte, dit : cet homme était vraiment le fils de Dieu. » (Marc 15 :39)

« Le centenier et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus, voyant le tremblement de terre et ce qui venait d’arriver, furent saisis d’une grande crainte et dirent : Il était vraiment le Fils de Dieu. » (Matt. 27:54) (Luc 23 :47)

Conclusion

Sous plusieurs aspects, notre leçon a été une fiction. On ne peut pas être certain du personnage du centurion.

On ne peut même pas être certain de ce qu’il veut dire par sa déclaration : "vraiment, il était le Fils de Dieu".

Mais on est certain de plusieurs choses :

-On est certain que Jésus-Christ est le Fils de Dieu (Jean 3:16).

-On est certain que Jésus-Christ est mort pour nos péchés et fut plus tard ressuscité des morts (1 Corinthiens 15:1-4).

-On est certain que nous pouvons bénéficier de sa mort par la foi et l’obéissance, notamment par notre baptême en Lui. « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. » (Marc 16 :16, voyez aussi Hébreux 5:8, 9 ; Romains 6 :3-6).

-On est certain que sa mort et tous les événements qui l’ont accompagné étaient si puissants qu’ils ébranlèrent les cieux et la terre, et même le cœur du soldat romain.

Votre cœur est-il touché aussi par l’histoire de Jésus? Si oui, suivez cette série d’études jusqu’au bout.



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